{"id":175811,"date":"2016-03-01T00:00:00","date_gmt":"2016-02-29T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bcfi.be\/medicaments-dans-labus-dalcool-et-la-dependance-a-lalcool-partie-1-le-sevrage-alcoolique\/"},"modified":"2026-04-02T19:09:52","modified_gmt":"2026-04-02T17:09:52","slug":"medicaments-dans-labus-dalcool-et-la-dependance-a-lalcool-partie-1-le-sevrage-alcoolique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cbip.be\/fr\/medicaments-dans-labus-dalcool-et-la-dependance-a-lalcool-partie-1-le-sevrage-alcoolique\/","title":{"rendered":"M\u00e9dicaments dans l&rsquo;abus d&rsquo;alcool et la d\u00e9pendance \u00e0 l&rsquo;alcool &#8211; Partie 1: le sevrage alcoolique"},"content":{"rendered":"<p>En cas de sevrage alcoolique planifi&eacute; ou non&#x002C; des sympt&ocirc;mes de sevrage peuvent survenir&#x002C; et il existe un risque accru d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke.<\/p>\n<p>&#8211; Des sympt&ocirc;mes de sevrage l&eacute;gers &agrave; mod&eacute;r&eacute;ment s&eacute;v&egrave;res ne n&eacute;cessitent souvent pas de traitement m&eacute;dicamenteux. Dans la pr&eacute;vention et le traitement de sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res (p.ex. convulsions&#x002C; <em>delirium<\/em>)&#x002C; une benzodiaz&eacute;pine constitue le premier choix.<\/p>\n<p>&#8211; Etant donn&eacute; que l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke est souvent m&eacute;connue&#x002C; il est recommand&eacute; d&rsquo;administrer de la thiamine (vitamine B<sub>1<\/sub>) &agrave; titre pr&eacute;ventif chez tous les patients en phase de sevrage alcoolique. La thiamine est &eacute;galement la base du traitement de l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke.<\/p>\n<p>Ce texte traite du sevrage alcoolique; la Partie 2&#x002C; qui para&icirc;tra dans un prochain num&eacute;ro des Folia&#x002C; discutera de la pr&eacute;vention des rechutes.<\/p>\n<p><strong>Introduction<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Une consommation probl&eacute;matique d&rsquo;alcool est fr&eacute;quente et peut mener &agrave; un abus d&rsquo;alcool et &agrave; une d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool (<em>alcohol use disorder<\/em>) avec entre autres un &eacute;tat de manque ou <em>craving<\/em>&#x002C; de la tol&eacute;rance et des sympt&ocirc;mes de sevrage &agrave; l&rsquo;arr&ecirc;t (DSM-5)<sup>1<\/sup> . Il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl&egrave;me complexe&#x002C; avec des cons&eacute;quences sur le plan psychique&#x002C; physique et social&#x002C; et une importante mortalit&eacute; &agrave; long terme. Par ailleurs&#x002C; il ressort d&rsquo;un rapport r&eacute;cent du Centre f&eacute;d&eacute;ral d&rsquo;expertise des soins de sant&eacute; (KCE Reports 258As&#x002C; voir r&eacute;f&eacute;rences) que seule une minorit&eacute; des personnes touch&eacute;es par un probl&egrave;me d&rsquo;alcoolisme font appel &agrave; une aide professionnelle; le rapport propose un certain nombre de mesures afin de r&eacute;duire cette absence de prise en charge.<\/p>\n<p>&#8211; La prise en charge de l&rsquo;abus d&rsquo;alcool et de la d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool ne se justifie &eacute;videmment que chez les patients motiv&eacute;s. Pendant toute la dur&eacute;e de la prise en charge&#x002C; des interventions psychosociales sont extr&ecirc;mement importantes&#x002C; certainement aussi en cas de traitement m&eacute;dicamenteux.<\/p>\n<p><strong>Sevrage alcoolique<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Le sevrage alcoolique implique que la prise d&rsquo;alcool est brusquement arr&ecirc;t&eacute;e ou fortement diminu&eacute;e. Ceci peut se faire de mani&egrave;re programm&eacute;e&#x002C; p.ex. comme premi&egrave;re &eacute;tape dans la prise en charge de l&rsquo;abus d&rsquo;alcool ou de la d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool en milieu sp&eacute;cialis&eacute;&#x002C; mais cela survient aussi souvent de mani&egrave;re non programm&eacute;e ou involontaire&#x002C; p.ex. en cas d&rsquo;hospitalisation pour une maladie intercurrente. La plupart des donn&eacute;es concernant la prise en charge m&eacute;dicamenteuse sont obtenues dans le cadre d&rsquo;un sevrage programm&eacute; sous supervision sp&eacute;cialis&eacute;e.<\/p>\n<p>&#8211; La question de savoir si un patient doit &ecirc;tre hospitalis&eacute; pendant la phase de sevrage alcoolique d&eacute;pend du risque d&rsquo;&eacute;volution s&eacute;v&egrave;re de la phase de sevrage (ce risque est &eacute;lev&eacute; p.ex. en cas d&rsquo;ant&eacute;c&eacute;dents de convulsions ou de delirium lors d&rsquo;une abstinence)&#x002C; de l&rsquo;existence d&rsquo;une affection physique ou mentale majeure sous-jacente et du soutien social disponible. En cas d&rsquo;apparition de sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res&#x002C; une hospitalisation est toujours indiqu&eacute;e.<\/p>\n<p>&#8211; Il est important d&rsquo;informer le patient des sympt&ocirc;mes possibles&#x002C; de le rassurer&#x002C; de cr&eacute;er un environnement apaisant et de veiller &agrave; une hydratation suffisante. Les pathologies sous-jacentes doivent &ecirc;tre trait&eacute;es.<\/p>\n<p>&#8211; La prise en charge des sympt&ocirc;mes de sevrage et de l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke&#x002C; une affection neurologique dont le risque est accru pendant la phase de sevrage alcoolique&#x002C; est discut&eacute;e ci-dessous. Etant donn&eacute; la gravit&eacute; de certains sympt&ocirc;mes de sevrage et de l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke&#x002C; leurs complications potentielles et leur issue parfois fatale&#x002C; il est crucial d&rsquo;&ecirc;tre particuli&egrave;rement attentif &agrave; l&rsquo;&eacute;valuation de ce risque.<\/p>\n<p><strong>Sympt&ocirc;mes de sevrage<\/strong><\/p>\n<p>Les sympt&ocirc;mes de sevrage sont fr&eacute;quents et d&eacute;butent le plus souvent dans les 6 &agrave; 8 heures apr&egrave;s la derni&egrave;re prise d&rsquo;alcool&#x002C; culminent apr&egrave;s 72 heures environ&#x002C; et durent jusqu&rsquo;&agrave; une semaine. Les sympt&ocirc;mes consistent surtout en tremblement&#x002C; tachycardie&#x002C; augmentation de la pression art&eacute;rielle&#x002C; sudation&#x002C; fi&egrave;vre&#x002C; hyperglyc&eacute;mie&#x002C; angoisse et sympt&ocirc;mes d&eacute;pressifs. Chez 3 &agrave; 5 % des patients&#x002C; ils &eacute;voluent vers une situation s&eacute;v&egrave;re&#x002C; avec p.ex. des convulsions g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;es (le plus souvent dans les 12 &agrave; 48 heures apr&egrave;s la derni&egrave;re prise d&rsquo;alcool) et un <em>delirium tremens<\/em> (caract&eacute;ris&eacute; entre autres par une fi&egrave;vre &eacute;lev&eacute;e&#x002C; des tremblements g&eacute;n&eacute;ralis&eacute;s&#x002C; des hallucinations et une confusion prononc&eacute;e&#x002C; le plus souvent dans les 48 &agrave; 72 heures apr&egrave;s la derni&egrave;re prise d&rsquo;alcool). Les sympt&ocirc;mes de sevrage peuvent &ecirc;tre analys&eacute;s et quantifi&eacute;s au moyen d&rsquo;un questionnaire comme le <em>revised Clinical Institute Withdrawal Assessment for Alcohol<\/em> <em>(CIWA-Ar) <\/em>(un score de 20 ou plus correspond &agrave; des sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res); le CIWA-Ar peut &ecirc;tre un instrument utile dans la d&eacute;cision de recourir ou non &agrave; un traitement m&eacute;dicamenteux (voir plus loin).<\/p>\n<p><strong>Enc&eacute;phalopathie de Wernicke<\/strong><\/p>\n<p>Chez les patients qui abusent de l&rsquo;alcool de mani&egrave;re chronique&#x002C; une carence en thiamine (vitamine B<sub>1<\/sub>) est fr&eacute;quente; celle-ci s&rsquo;explique surtout par un r&eacute;gime d&eacute;ficient (prise insuffisante de thiamine) et par une perturbation de la r&eacute;sorption de thiamine chez ces patients. Une carence importante en thiamine peut causer des probl&egrave;mes neurologiques s&eacute;v&egrave;res telle une enc&eacute;phalopathie de Wernicke&#x002C; caract&eacute;ris&eacute;e par une confusion&#x002C; une ataxie et des troubles oculaires (entre autres nystagmus&#x002C; ophtalmopl&eacute;gie). On estime que le risque d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke est encore plus accru pendant la phase de sevrage alcoolique. L&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke est un diagnostic difficile &agrave; poser&#x002C; et le tableau clinique est souvent m&eacute;connu; une approche tr&egrave;s prudente est d&egrave;s lors recommand&eacute;e.<\/p>\n<p><strong>M&eacute;dicaments<\/strong><\/p>\n<p>Les sympt&ocirc;mes de sevrage l&eacute;gers &agrave; mod&eacute;r&eacute;ment s&eacute;v&egrave;res disparaissent souvent spontan&eacute;ment&#x002C; sans n&eacute;cessit&eacute; de recourir &agrave; un traitement m&eacute;dicamenteux. Les benzodiaz&eacute;pines sont les m&eacute;dicaments de premier choix dans la pr&eacute;vention et le traitement des sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res. En ce qui concerne l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke&#x002C; la thiamine joue un r&ocirc;le important.<\/p>\n<p><em>1. Benzodiaz&eacute;pines<\/em><\/p>\n<p>&#8211; Les benzodiaz&eacute;pines sont nettement plus efficaces qu&rsquo;un placebo en pr&eacute;vention des sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res. Dans des &eacute;tudes comparatives entre benzodiaz&eacute;pines&#x002C; aucune diff&eacute;rence d&rsquo;efficacit&eacute; n&rsquo;a pu &ecirc;tre d&eacute;montr&eacute;e.<\/p>\n<p>&#8211; Dans les recommandations&#x002C; on opte chez la plupart des patients pour une benzodiaz&eacute;pine &agrave; longue dur&eacute;e d&rsquo;action tel le diaz&eacute;pam. Chez les personnes &acirc;g&eacute;es et les patients atteints d&rsquo;une affection h&eacute;patique&#x002C; il existe un risque d&rsquo;accumulation et de s&eacute;dation exag&eacute;r&eacute;e avec les m&eacute;dicaments &agrave; longue dur&eacute;e d&rsquo;action&#x002C; et on opte souvent pour une benzodiaz&eacute;pine &agrave; dur&eacute;e d&rsquo;action interm&eacute;diaire tel le&nbsp;loraz&eacute;pam ou l&rsquo;oxaz&eacute;pam. L&rsquo;administration par voie orale est en principe &agrave; pr&eacute;f&eacute;rer. En cas d&rsquo;agitation s&eacute;v&egrave;re&#x002C; de convulsions ou de <em>delirium tremens<\/em>&#x002C; il peut &ecirc;tre n&eacute;cessaire d&rsquo;administrer une benzodiaz&eacute;pine par voie intraveineuse. On peut &eacute;galement opter pour une administration par voie rectale en cas de convulsions&#x002C; ou par voie intramusculaire (pour le diaz&eacute;pam&#x002C; la r&eacute;sorption apr&egrave;s administration intramusculaire est variable et incompl&egrave;te [en ce qui concerne la prise en charge des convulsions tonico-cloniques&#x002C; voir Folia de <a href='https:\/\/www.cbip.be\/fr\/articles\/query?number=F42F09B'>septembre 2015<\/a>].<\/p>\n<p>&#8211; Lors de l&rsquo;emploi de benzodiaz&eacute;pines dans cette population &agrave; risque&#x002C; il convient d&rsquo;&ecirc;tre particuli&egrave;rement attentif &agrave; l&rsquo;apparition d&rsquo;une s&eacute;dation exag&eacute;r&eacute;e&#x002C; de troubles de la m&eacute;moire et de d&eacute;pendance. Il est d&egrave;s lors recommand&eacute; de limiter autant que possible la dose et la dur&eacute;e du traitement (dans de nombreux cas&#x002C; seulement quelques heures). L&rsquo;administration de benzodiaz&eacute;pines en fonction des sympt&ocirc;mes (&agrave; l&rsquo;aide du questionnaire CIWA-Ar&#x002C; voir plus haut) plut&ocirc;t que suivant un sch&eacute;ma posologique d&eacute;gressif fixe&#x002C; permet de raccourcir la dur&eacute;e du traitement et de diminuer la dose totale de benzodiaz&eacute;pines&#x002C; sans augmentation de l&rsquo;incidence de convulsions ou de <em>delirium<\/em>. Un sch&eacute;ma en fonction des sympt&ocirc;mes exige toutefois une mise en observation r&eacute;guli&egrave;re et rigoureuse du patient&#x002C; et il ne peut d&egrave;s lors se faire qu&rsquo;en milieu hospitalier ou sp&eacute;cialis&eacute;.<\/p>\n<p>&#8211; &ldquo;Pr&eacute;vention ou traitement du syndrome de sevrage&rdquo; est mentionn&eacute; comme indication dans le RCP de plusieurs sp&eacute;cialit&eacute;s &agrave; base de diaz&eacute;pam (situation au 01\/02\/16). &ldquo;Alcoolisme (predelirium et <em>delirium tremens<\/em>)&rdquo; est mentionn&eacute; comme indication dans le RCP des sp&eacute;cialit&eacute;s &agrave; base de cloraz&eacute;pate (comprim&eacute;s &agrave; 50 mg) (situation au 01\/02\/16).<\/p>\n<p><em>2. Anti&eacute;pileptiques&#x002C; clonidine et antipsychotiques<\/em><\/p>\n<p>Les anti&eacute;pileptiques (p.ex. carbamaz&eacute;pine)&#x002C; la clonidine et les antipsychotiques (p.ex. halop&eacute;ridol) ont &eacute;galement &eacute;t&eacute; &eacute;tudi&eacute;s dans la pr&eacute;vention et le traitement des sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res&#x002C; mais les donn&eacute;es concernant leur efficacit&eacute; sont plus limit&eacute;es et moins univoques que pour les benzodiaz&eacute;pines&#x002C; et il n&rsquo;existe aucune &eacute;tude comparative avec les benzodiaz&eacute;pines. Ce ne sont d&egrave;s lors pas des m&eacute;dicaments de premier choix. Par ailleurs&#x002C; le risque de convulsions est accru avec les antipsychotiques. Les antipsychotiques peuvent toutefois avoir une place en cas d&rsquo;agitation importante ou d&rsquo;hallucinations&#x002C; comme traitement adjuvant &agrave; une benzodiaz&eacute;pine. Aucune des sources consult&eacute;es ne recommande l&rsquo;emploi du tiapride&#x002C; un antipsychotique qui peut&#x002C; selon le RCP&#x002C; &ecirc;tre utilis&eacute; en cas d&rsquo;agitation psychomotrice pendant le sevrage alcoolique.<\/p>\n<p><em>3. Thiamine<\/em><\/p>\n<p>&#8211; La thiamine constitue la base de la pr&eacute;vention et du traitement de l&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke. Dans le cadre du sevrage alcoolique&#x002C; l&rsquo;administration de thiamine est recommand&eacute;e &agrave; titre <em>pr&eacute;ventif<\/em> chez tous les patients&#x002C; certainement chez les patients sous-aliment&eacute;s qui pr&eacute;sentent des sympt&ocirc;mes de sevrage s&eacute;v&egrave;res. Chez les patients pr&eacute;sentant un diagnostic suspect&eacute;&nbsp;ou confirm&eacute; d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke&#x002C; la thiamine est administr&eacute;e &agrave; titre <em>curatif<\/em>. Le pronostic d&eacute;pend de la vitesse &agrave; laquelle la carence en thiamine est corrig&eacute;e. En l&rsquo;absence de traitement ou en cas de traitement trop tardif&#x002C; l&rsquo;issue est souvent fatale. En cas de prise en charge ad&eacute;quate&#x002C; l&rsquo;ataxie&#x002C; les probl&egrave;mes oculaires et la confusion disparaissent souvent rapidement&#x002C; mais un syndrome de Korsakoff appara&icirc;t chez de nombreux patients: il s&rsquo;agit d&rsquo;une complication chronique&#x002C; souvent irr&eacute;versible&#x002C; qui se caract&eacute;rise entre autres par une amn&eacute;sie &agrave; court terme.<\/p>\n<p>&#8211; Bien que beaucoup d&rsquo;incertitudes subsistent quant &agrave; la dose optimale&#x002C; la voie d&rsquo;administration et la&nbsp;dur&eacute;e du traitement de la thiamine&#x002C; les recommandations g&eacute;n&eacute;rales suivantes peuvent &ecirc;tre donn&eacute;es (la thiamine est souvent administr&eacute;e en association avec d&rsquo;autres vitamines du groupe B).<\/p>\n<p>&bull; A <em>titre pr&eacute;ventif<\/em>: 250 mg par voie parent&eacute;rale (i.m. ou i.v)&#x002C; 1 x par jour pendant 3 &agrave; 5 jours.<\/p>\n<p>&bull; <em>Suspicion d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke ou &agrave; titre curatif<\/em>: 500 &agrave; 750 mg i.v.&#x002C; 3 x par jour pendant 2 &agrave; 3 jours; en cas de r&eacute;sultat positif&#x002C; poursuivre avec 250 mg par voie parent&eacute;rale (i.m. ou i.v.)&#x002C; 1 x par jour pendant 3 &agrave; 5 jours ou jusqu&rsquo;&agrave; ce qu&#39;il n&#39;y ait plus de r&eacute;ponse.<\/p>\n<p>&#8211; Apr&egrave;s administration intraveineuse de thiamine&#x002C; des r&eacute;actions anaphylactiques ont &eacute;t&eacute; rapport&eacute;es&#x002C; mais l&rsquo;incidence semble tr&egrave;s faible (&eacute;valu&eacute;e &agrave; 2 &agrave; 4 cas par million d&rsquo;administrations)&#x002C; et ce risque n&rsquo;est pas une raison pour ne pas administrer de thiamine par voie intraveineuse. En cas d&rsquo;administration intramusculaire&#x002C; le risque de r&eacute;actions anaphylactiques est encore plus faible&#x002C; mais la r&eacute;sorption de thiamine est incompl&egrave;te.<\/p>\n<p>&#8211; Chez les personnes pr&eacute;sentant une carence en thiamine&#x002C; une perfusion de glucose ne peut pas &ecirc;tre donn&eacute;e sans administration de thiamine&#x002C; &eacute;tant donn&eacute; le risque de d&eacute;clenchement ou d&rsquo;aggravation de l&rsquo;enc&eacute;phalopathie.<\/p>\n<p>&#8211;&nbsp;Outre la phase de sevrage alcoolique&#x002C; d&rsquo;autres facteurs de risque d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke sont pr&eacute;sents chez les patients ayant une consommation excessive d&rsquo;alcool ou une d&eacute;pendance &agrave; l&rsquo;alcool: r&eacute;gime d&eacute;ficient ou malnutrition&#x002C; hospitalisation en raison d&rsquo;une maladie intercurrente&#x002C; pathologie h&eacute;patique induite par l&rsquo;alcool. Un traitement pr&eacute;ventif syst&eacute;matique par la thiamine est &eacute;galement recommand&eacute; chez ces patients (pour la dose&#x002C; voir plus haut &laquo;&nbsp;A titre pr&eacute;ventif&nbsp;&raquo;).<\/p>\n<p>&#8211; Certaines directives recommandent &eacute;galement d&rsquo;administrer syst&eacute;matiquement de la thiamine &agrave; titre pr&eacute;ventif aux alcooliques qui ne pr&eacute;sentent pas de facteurs de risque sp&eacute;cifiques d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke (une dose de 50 mg par voie orale deux fois par jour est alors recommand&eacute;e) [n.d.l.r.: la thiamine peut &ecirc;tre prescrite en magistrale]. Cette recommandation n&rsquo;est pas &eacute;tay&eacute;e par des preuves quant &agrave; un effet pr&eacute;ventif&#x002C; mais sur le fait que (1) la marge th&eacute;rapeutique-toxique de la thiamine est tr&egrave;s large&#x002C; (2) les patients qui consomment de l&rsquo;alcool de mani&egrave;re excessive ou sont d&eacute;pendants &agrave; l&rsquo;alcool sont fr&eacute;quemment carenc&eacute;s en thiamine&#x002C; et (3) le diagnostic d&rsquo;enc&eacute;phalopathie de Wernicke est souvent m&eacute;connu.<\/p>\n<p>&#8211; Dans certaines recommandations&#x002C; la thiamine est &eacute;galement recommand&eacute;e comme traitement &agrave; long terme dans le syndrome de Korsakoff: 50 mg par voie orale 2 x par jour.<\/p>\n<p><strong>Quelques r&eacute;f&eacute;rences<\/strong><\/p>\n<p>&#8211; Centre F&eacute;d&eacute;ral d&rsquo;Expertise des Soins de Sant&eacute;. KCE Reports 258B (04\/01\/16)&#x002C; sur <a href='https:\/\/www.kce.fgov.be'>www.kce.fgov.be<\/a> (terme de recherche &laquo;&nbsp;KCE Reports 258B&nbsp;&raquo;).<\/p>\n<p>&#8211; <em>Cochrane Database of Systematic Reviews<\/em> 2011&#x002C; Issue 6. Art. No.: CD008537. Doi:10.1002\/14651858. CD008537.pub2.<\/p>\n<p>&#8211; <em>Id&eacute;es-Forces tir&eacute;es de Prescrire<\/em> (version novembre 2013). Via le site Web de <em>La Revue Prescrire<\/em> (<a href='https:\/\/www.prescrire.org'>www.prescrire.org<\/a>): &laquo;&nbsp;En bref&nbsp;&raquo;&#x002C; &laquo;&nbsp;Pr&eacute;vention des complications&nbsp;&raquo; et &laquo;&nbsp;Traitement des formes s&eacute;v&egrave;res&nbsp;&raquo;.<\/p>\n<p>&#8211; Multidisciplinaire richtlijn (Pays-Bas). Via <a href='https:\/\/www.diliguide.nl\/document\/1843\/implementatie-multidisplinaire-richtlijn-stoornissen-in-het-gebruik-van-alcohol.html'>www.diliguide.nl\/document\/1843\/implementatie-multidisplinaire-richtlijn-stoornissen-in-het-gebruik-van-alcohol.html<\/a><\/p>\n<p>&#8211; NICE-guidelines (CG100)&#x002C; juin 2010&#x002C; via <a href='https:\/\/www.nice.org.uk\/guidance\/cg100'>www.nice.org.uk\/guidance\/cg100<\/a><\/p>\n<p>&#8211; NICE-guidelines (CG115)&#x002C; f&eacute;vrier 2011&#x002C; via <a href='https:\/\/www.nice.org.uk\/guidance\/cg115'>https:\/\/www.nice.org.uk\/guidance\/cg115<\/a><\/p>\n<p>&#8211; Site Web de <em>Domus Medica<\/em> (<a href='https:\/\/www.domusmedica.be\/documentatie\/dossiers\/alcohol.html'>www.domusmedica.be\/documentatie\/dossiers\/alcohol.html<\/a>) et de la Soci&eacute;t&eacute; Scientifique de M&eacute;decine G&eacute;n&eacute;rale (SSMG: <a href='https:\/\/www.ssmg.be\/cellules-specifiques\/alcool'>www.ssmg.be\/cellules-specifiques\/alcool<\/a>)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><sup>1<\/sup>&nbsp;<a href='https:\/\/pubs.niaaa.nih.gov\/publications\/dsmfactsheet\/dsmfact.pdf'>https:\/\/pubs.niaaa.nih.gov\/publications\/dsmfactsheet\/dsmfact.pdf<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En cas de sevrage alcoolique planifi&eacute; ou non&#x002C; des sympt&ocirc;mes  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,177],"tags":[20213,20224],"class_list":["post-175811","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-2016-fr","tag-import_tags","tag-import_tags-nl"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175811","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175811"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175811\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":178395,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175811\/revisions\/178395"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175811"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175811"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175811"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}