{"id":175805,"date":"2016-04-01T00:00:00","date_gmt":"2016-03-31T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.bcfi.be\/traitement-de-substitution-en-cas-dinterruption-perioperatoire-des-anticoagulants-oraux\/"},"modified":"2026-04-02T19:09:52","modified_gmt":"2026-04-02T17:09:52","slug":"traitement-de-substitution-en-cas-dinterruption-perioperatoire-des-anticoagulants-oraux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cbip.be\/fr\/traitement-de-substitution-en-cas-dinterruption-perioperatoire-des-anticoagulants-oraux\/","title":{"rendered":"Traitement de substitution en cas d\u2019interruption p\u00e9riop\u00e9ratoire des anticoagulants oraux"},"content":{"rendered":"<table cellpadding='7' cellspacing='0' style='width:100%'>\n<tbody>\n<tr>\n<td>\n<p>Lors d&rsquo;une intervention chirurgicale avec un risque &eacute;lev&eacute; d&rsquo;h&eacute;morragie&#x002C; il convient d&rsquo;arr&ecirc;ter les anticoagulants oraux. Chez les patients avec un risque thromboembolique &eacute;lev&eacute;&#x002C; les antagonistes de la vitamine K sont remplac&eacute;s temporairement par une h&eacute;parine de bas poids mol&eacute;culaire (HBPM). Chez les patients avec un faible risque thromboembolique&#x002C; la substitution temporaire d&rsquo;un anticoagulant oral par une HBPM ne semble pas apporter de plus-value et peut m&ecirc;me &ecirc;tre associ&eacute;e &agrave; un risque accru d&rsquo;h&eacute;morragie.<\/p>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Lors d&rsquo;une intervention chirurgicale chez un patient trait&eacute; par des antithrombotiques&#x002C; on est confront&eacute; &agrave; l&rsquo;&eacute;quilibre pr&eacute;caire entre le risque thromboembolique d&rsquo;une part&#x002C; et le risque de saignements d&rsquo;autre part. La question se pose d&egrave;s lors de savoir si le<strong> <\/strong>traitement antithrombotique doit &ecirc;tre poursuivi ou non en p&eacute;riode p&eacute;riop&eacute;ratoire&#x002C; et en cas d&rsquo;interruption&#x002C; si un traitement de substitution doit &ecirc;tre instaur&eacute;. La prise en charge du traitement antithrombotique en p&eacute;riode p&eacute;riop&eacute;ratoire a d&eacute;j&agrave; &eacute;t&eacute; discut&eacute;e dans les Folia de juin 2011&#x002C; d&eacute;cembre 2011 et f&eacute;vrier 2012. A l&rsquo;occasion de publications r&eacute;centes <sup><a class='sdfootnoteanc' href='#sdfootnote1sym' name='sdfootnote1anc'>1<\/a>&#x002C;<a class='sdfootnoteanc' href='#sdfootnote2sym' name='sdfootnote2anc'>2<\/a>&#x002C;<a class='sdfootnoteanc' href='#sdfootnote3sym' name='sdfootnote3anc'>3<\/a><\/sup>&#x002C; nous revenons sur la question d&rsquo;instaurer ou non une th&eacute;rapie de substitution par une h&eacute;parine de bas poids mol&eacute;culaire (HBPM) lors de l&rsquo;interruption p&eacute;riop&eacute;ratoire des anticoagulants oraux.<\/p>\n<p>Dans ce texte&#x002C; on consid&egrave;re que le <em>risque thromboembolique est &eacute;lev&eacute;<\/em> dans les situations suivantes: proth&egrave;se valvulaire m&eacute;canique mitrale&#x002C; tricuspide ou pulmonaire; proth&egrave;se valvulaire aortique m&eacute;canique + fibrillation auriculaire (FA); valvulopathie mitrale + FA; ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;embolie cardiaque ou syst&eacute;mique; thromboembolie veineuse profonde r&eacute;cente (&lt; 3 mois); pontage p&eacute;riph&eacute;rique avec ant&eacute;c&eacute;dents de thrombose.<\/p>\n<p>Les <em>facteurs de risque d&rsquo;h&eacute;morragie<\/em> sont les suivants: hypertension &gt; 160mmHg&#x002C; troubles de la fonction r&eacute;nale ou h&eacute;patique&#x002C; ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;AVC&#x002C; ant&eacute;c&eacute;dents d&rsquo;h&eacute;morragie ou pr&eacute;disposition aux saignements&#x002C; INR instable&#x002C; &acirc;ge &gt; 65 ans&#x002C; usage d&rsquo;antiagr&eacute;gants&#x002C; d&rsquo;AINS ou d&rsquo;alcool.<\/p>\n<p>Les <em>interventions avec un faible risque d&rsquo;h&eacute;morragie<\/em> sont les extractions de maximum deux dents&#x002C; la chirurgie de la cataracte et les interventions dermatologiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Antagonistes de la vitamine K (AVK)<\/strong><\/p>\n<p><em>Intervention avec un faible risque d&rsquo;h&eacute;morragie<\/em><\/p>\n<p>On consid&egrave;re que les AVK peuvent en principe &ecirc;tre poursuivis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Intervention avec un risque &eacute;lev&eacute; d&rsquo;h&eacute;morragie<\/em><\/p>\n<p>Il est n&eacute;cessaire dans ce cas d&rsquo;interrompre temporairement les AVK.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Chez les patients avec un risque thromboembolique &eacute;lev&eacute;&#x002C; il convient de remplacer temporairement les AVK par une HBPM.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Chez les patients avec un faible risque thromboembolique&#x002C; il convient d&rsquo;arr&ecirc;ter temporairement les AVK&#x002C; mais la question de savoir si un traitement de substitution doit &ecirc;tre instaur&eacute; n&rsquo;est pas clairement r&eacute;solue. On ne dispose en effet que de peu de preuves solides &eacute;tayant les recommandations &agrave; ce sujet. Les &eacute;tudes non randomis&eacute;es sugg&egrave;rent que la substitution n&rsquo;est pas n&eacute;cessaire.<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<ul>\n<li>\n<p>Une &eacute;tude randomis&eacute;e contr&ocirc;l&eacute;e (BRIDGE<sup>2<\/sup>) a compar&eacute; l&rsquo;effet d&rsquo;un traitement de substitution par une HBPM par rapport &agrave; l&rsquo;absence de traitement de substitution en p&eacute;riode p&eacute;riop&eacute;ratoire. L&rsquo;&eacute;tude a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e chez 1.884 patients atteints de fibrillation auriculaire (avec au moins un des facteurs de risque CHADS<sub>2<\/sub> suivants: insuffisance cardiaque gauche&#x002C; hypertension&#x002C; &acirc;ge &gt; 75 ans&#x002C; diab&egrave;te&#x002C; ant&eacute;c&eacute;dent d&rsquo;AVC ou d&rsquo;AIT). Les patients avec un risque thromboembolique &eacute;lev&eacute; (p. ex. ceux porteurs d&rsquo;une proth&egrave;se valvulaire ou avec des ant&eacute;c&eacute;dents r&eacute;cents d&rsquo;accident thromboembolique) &eacute;taient exclus de l&rsquo;&eacute;tude. Les r&eacute;sultats montrent qu&rsquo;il n&rsquo;y avait pas de diff&eacute;rence statistiquement significative sur l&rsquo;incidence des accidents thromboemboliques entre le groupe ayant re&ccedil;u une HBPM et le groupe n&rsquo;ayant pas re&ccedil;u de substitution (0&#x002C;3% versus 0&#x002C;4%)&#x002C; mais le risque d&rsquo;h&eacute;morragies majeures &eacute;tait plus &eacute;lev&eacute; dans le groupe ayant re&ccedil;u un traitement de substitution (3&#x002C;2% versus 1&#x002C;3%).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Les r&eacute;sultats de l&rsquo;&eacute;tude BRIDGE correspondent &agrave; ceux des &eacute;tudes non randomis&eacute;es r&eacute;alis&eacute;es jusqu&rsquo;&agrave; pr&eacute;sent. R&eacute;cemment&#x002C; une nouvelle &eacute;tude de cohorte<sup>3<\/sup> renforce ces conclusions. L&rsquo;&eacute;tude a &eacute;t&eacute; r&eacute;alis&eacute;e aupr&egrave;s de 1.178 patients trait&eacute;s par la warfarine en raison d&rsquo;une thromboembolie veineuse. La plupart des patients pr&eacute;sentaient un faible risque de r&eacute;cidive. Les r&eacute;sultats n&rsquo;ont pas montr&eacute; de diff&eacute;rence statistiquement significative en ce qui concerne le risque de r&eacute;cidive de thromboembolie entre le groupe ayant re&ccedil;u un traitement de substitution et le groupe n&rsquo;ayant pas re&ccedil;u de substitution (0 versus 0&#x002C;2%)&#x002C; mais le risque d&rsquo;h&eacute;morragie &eacute;tait plus &eacute;lev&eacute; chez les patients ayant re&ccedil;u un traitement de substitution (2&#x002C;7% versus 0&#x002C;2%).<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Nouveaux anticoagulants oraux (NACO)<\/strong><\/p>\n<p>Avec les NACO&#x002C; la question de la substitution temporaire par une HBPM est moins pertinente vu la courte dur&eacute;e de demi-vie des NACO. Celle-ci permet de limiter la dur&eacute;e de l&rsquo;interruption et de retrouver rapidement l&rsquo;effet anticoagulant lors de la reprise du traitement. Les observations faites dans certaines &eacute;tudes d&rsquo;efficacit&eacute; des NACO dans la fibrillation auriculaire correspondent &agrave; cette hypoth&egrave;se. Des &eacute;tudes contr&ocirc;l&eacute;es con&ccedil;ues pour &eacute;valuer ce probl&egrave;me font toutefois d&eacute;faut. En cas d&rsquo;h&eacute;morragie postop&eacute;ratoire&#x002C; des antidotes sp&eacute;cifiques sont en cours de d&eacute;veloppement mais ne sont pas encore disponibles en Belgique (situation au 29\/03\/16).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Conclusion<\/strong><\/p>\n<p>Les r&eacute;sultats des &eacute;tudes r&eacute;alis&eacute;es avec les AVK&#x002C; et le profil pharmacocin&eacute;tique des NACO semblent indiquer que&#x002C; chez les patients qui pr&eacute;sentent un faible risque thromboembolique&#x002C; la substitution temporaire d&rsquo;un anticoagulant oral par une HBPM en p&eacute;riode p&eacute;riop&eacute;ratoire ne semble pas apporter de plus-value et peut m&ecirc;me &ecirc;tre associ&eacute;e &agrave; un risque accru d&rsquo;h&eacute;morragie. Bien que toutes les questions ne soient pas encore d&eacute;finitivement r&eacute;solues&#x002C; les donn&eacute;es actuelles ne plaident pas en faveur d&rsquo;un traitement de substitution syst&eacute;matique en &nbsp;cas d&rsquo;interruption p&eacute;riop&eacute;ratoire des anticoagulants oraux. Il convient en tout cas d&rsquo;&eacute;valuer le rapport b&eacute;n&eacute;fice\/risque pour chaque patient en particulier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<div id='sdfootnote1'>\n<p><a class='sdfootnotesym' href='#sdfootnote1anc' name='sdfootnote1sym'>1<\/a><sup><\/sup> <em>BMJ <\/em>2015&nbsp;;351&nbsp;:h2391 (doi:&nbsp;<a href='https:\/\/dx.doi.org\/10.1136\/bmj.h2391'>10.1136\/bmj.h2391<\/a>)<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id='sdfootnote2'>\n<p><a class='sdfootnotesym' href='#sdfootnote2anc' name='sdfootnote2sym'>2<\/a><sup><\/sup> <em>NEJM ; 373: 823-33<\/em> 2015&nbsp;(doi:&nbsp;<a href='https:\/\/dx.doi.org\/10.1056\/NEJMoa1501035'>10.1056\/NEJMoa1501035<\/a>)<\/p>\n<\/p><\/div>\n<div id='sdfootnote3'>\n<p><a class='sdfootnotesym' href='#sdfootnote3anc' name='sdfootnote3sym'>3<\/a><sup><\/sup> <em>JAMA Intern. Med.<\/em> 2015; 175:1163-8 (doi: <a href='https:\/\/dx.doi.org\/10.1001\/jamainternmed.2015.1843'>10.1001\/jamainternmed.2015.1843<\/a>)<\/p>\n<\/p><\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors d&rsquo;une intervention chirurgicale avec un risque &eacute;lev&eacute; d&rsquo;h&eacute;morragie&#x002C; il  [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":9,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[12,177],"tags":[20213,20224],"class_list":["post-175805","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-actualites","category-2016-fr","tag-import_tags","tag-import_tags-nl"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175805","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/9"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=175805"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175805\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":178389,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/175805\/revisions\/178389"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=175805"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=175805"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cbip.be\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=175805"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}